Note d'intention


 

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À travers ses deux personnages principaux, Vanessa Filho voulait raconter la dépendance, le manque d’amour et le sentiment d’insécurité. Ce qui l'intéressait chez Elli, c'est sa solitude mais aussi sa renaissance, "sa faculté à faire cohabiter avec sa douleur un désir immense de vie".
Quant à Marlène, elle était bouleversée par son impuissance, sa fragilité, son manque de repères, et d’espoir.
La réalisatrice précise : "c’est avant tout une fiction, mais ce sont des sentiments qui me sont très personnels : j’ai longtemps eu à me battre contre une peur irrationnelle de l’abandon. C’est un film d’apprentissage, un film initiatique, et un film qui parle du destin".
 

 

 

 

Écriture à plusieurs mains

 

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L'écriture de Gueule d'ange a duré plusieurs années. Une fois le premier traitement de son scénario achevé, Vanessa Filho a collaboré avec Diastème pour le développer, l'adapter et le dialoguer. Sur la dernière partie du film, François Pirot est venu en consultant :

"Nos échanges pluriels ont contribué à rendre les émotions encore plus palpables, notamment la dépression de Marlène, sans pour autant jamais la commenter".

 

 

 

En musique


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La bande originale de Gueule d'ange est composée par Audrey Ismaël et Olivier Coursier. C'est la première fois que ces deux musiciens collaboraient mais chacun connaissait bien Vanessa Filho. En effet, cette dernière formait le duo musical Smoking Smoking avec Audrey Ismaël. Quant à Olivier Coursier, il s'agit de l'un des deux membres du groupe AaRON pour lequel Filho a réalisé plusieurs visuels et clips.
 
 
Afficher l'image d'origineUne critique :

Elle est sa petite « gueule d’ange ». Marlène ne voit pas Elli, 8 ans, comme sa fille, mais sa jeune sœur. Sa complice. Son refuge. Et des bouées de sauvetage, elle en a besoin, elle qui passe sa vie à la brûler par les deux bouts, et avec obstination, encore. Elle gâche même son mariage avec un brave gars — sa « cinquième chance », dit-elle — en le trompant avec un inconnu le soir même des noces. Avant de sombrer dans la dépression. Puis de repartir pour d’autres fêtes, toujours flanquée de sa gueule d’ange maquillée comme une petite adulte, qui considère avec tendresse et fierté cette mère blonde, belle, excentrique, aimante… Un jour, cependant, Marlène disparaît avec un mec de passage. Elli se retrouve seule.

Et c’est ce temps, soudain distendu, que saisit Vanessa Filho dans son premier long métrage. La lumière colorée et accablante du Midi, aussi, qui semble retenir les personnages dans ses rets. Laissée à elle-même, comme les gamins de Nobody knows, de Hirokazu Kore-eda, il y a quelques années, Elli commence à entasser de la vaisselle sale et des pizzas racornies dans l’appartement. Puis se ressaisit et se métamorphose. Sa mère l’a élevée pour être son mini-double ? Elle le devient. Loin de ses camarades de classe, trop enfantins à ses yeux, elle se choisit un père de substitution. Et lorsque l’heureux élu, gêné, la repousse, elle s’accroche à lui, telle une petite amoureuse. Exactement comme maman. On a donc l’impression d’un danger invisible qui plane. Parce qu’on ne perçoit que trop bien le trouble qui naît dans l’esprit d’une fillette, cernée par l’absence et le vide. Et sa découverte de la trahison et d’un sentiment inconnu qui ressemble fort à de la haine. La réalisatrice s’appuie habilement sur le regard — inquiétant — de la petite Ayline Aksoy-Etaix. Et sur le talent de Marion Cotillard, toujours précise et juste, même lorsqu’elle surjoue, comme savait le faire si bien, jadis, Gena Rowlands.


Pierre Murat, Gueule d'ange, telerama.fr, 22 mai 2018